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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Philippe Brassac : «Les agences restent au cœur du Crédit agricole»

17 Février 2017, 00:05am

Publié par CFDT CA Languedoc

Philippe Brassac : «Les agences restent au cœur du Crédit agricole»

Le Directeur Général de Crédit Agricole SA détaille l'impact positif de la réorganisation du Groupe.

 

LE FIGARO. - Comment s'est déroulée l'année 2016 ?

Philippe BRASSAC. - Cela a été une année clé pour la transformation du groupe Nous avons simplifie sa structure, avec le projet Eurêka. L'opération a renforcé la solidité financière et la solvabilité de Crédit agricole SA. En parallèle, nous avons lancé un plan stratégique de moyen terme 2016- 2019 afin de maîtriser nos coûts et accélérer notre transformation digitale. L'accord en vue de l'acquisition de Pioneer Investments par Amundi a été le troisième temps fort de cette année. Il conforte la position d'Amundi comme numéro un de la gestion d'actifs en Europe et parmi les dix premiers acteurs mondiaux. Sur le plan économique, nos résultats 2016 sont très solides. Tous nos métiers ont enregistré une forte croissance, aussi bien dans la banque de détail que dans la banque de financement ou les services financiers spécialisés.

 

Comment se porte LCL, qui a été pénalise par les taux d'intérêt très bas ?

LCL va bien. Son bénéfice économique 2016 dépasse les 500 millions d'euros. La baisse des taux d'intérêt au second semestre a créé une deuxième vague de renégociations anticipées de crédits immobiliers. Cela a pesé sur son produit net bancaire et ses résultats Mais c'est ponctuel Cela ne doit pas masquer la hausse des volumes et celle des nouveaux crédits. LCL a conservé ses clients et en a conquis de nouveaux en octroyant de nouveaux crédits avec une marge positive. Toutes les activités de la banque ont progressé l'an dernier.

 

Quel premier bilan dressez-vous du plan stratégique que vous avez lancé il y a vingt ans ?

Le plan a conforte notre modèle de banque universelle. Ce qui, pour nous, signifie la capacité à servir les clients de façon globale donc loyale. Nous nous sommes dotés d'un nouveau territoire de marque «Toute une banque pour vous » qui illustre un projet client ambitieux et différenciant base sur la relation, le digital et l'expertise. Par exemple, cette année, nous prendrons des engagements sur la qualité de nos conseils patrimoniaux. Ce qui fera la différence entre les banques, c'est la façon d'accompagner le client en étant un vrai partenaire qui lui simplifie la vie et qui le soutient dans tous les moments, y compris les périodes difficiles. Cela nous différencie fondamentalement des robots qui peuvent difficilement se comporter en véritables partenaires loyaux. La qualité de la relation humaine fait partie de l'ADN du Crédit agricole. C'est un atout considérable.

 

Et les réductions de coûts ?

Nous avons stabilise nos charges de fonctionnement en 2016 grâce à des premières mesures d'efficacité opérationnelle prévues dans notre plan. Par ailleurs, nous avons maintenu le coût du risque à un niveau très bas (les provisions passées pour faire face aux risques d'impayés de crédit, NDLR). Les banques françaises, qui au début des années 2000 ont appliqué les normes prudentielles dites Bâle 2, se distinguent encore une fois par leur grand sérieux en matière de coût du risque. C'est pour cette raison que nous sommes vent debout contre les nouvelles normes internationales en cours de discussion qui pourraient défavoriser ces modèles pour favoriser le modèle des banques américaines.

 

Où en êtes-vous de votre programme de digitalisation?

Nous sommes en réalité très avancés. Fin 2016, plus de la moitié des parcours clients ont été digitalisés et 30 % des opérations pouvaient être faites à distance. Chaque jour nous enregistrons 1,5 million de signatures électroniques, 6 millions de nos clients utilisent les applications de nos réseaux, avec 1,2 million de connexions par jour. À la fin de cette année, 80 % des parcours clients auront été digitalisés et plus des deux-tiers des souscriptions de produits ou de services pourront être réalisés à distance. En 2019, la banque sera totalement multicanale : 100% humain et 100% digital. La véritable transformation digitale, c'est celle des métiers qui deviennent totalement multicanaux. Le digital ne s'oppose pas à l'humain, il le complète utilement afin de personnaliser encore mieux la réponse apportée à nos clients.

 

Allez-vous fermer des agences du Crédit agricole?

Les agences restent le lieu privilégié de la relation avec nos clients. Elles sont au cœur de notre dispositif. Cela n'empêche pas de les faire évoluer. Au contraire. Nous n'aurons jamais de plan définissant a priori le nombre d'agences à fermer. Les Caisses Régionales en adaptent en permanence le nombre au volume d'affaires. Le nombre d'agences a légèrement diminué et cela va probablement se poursuivre. Mais la taille des agences augmente.

 

Pensez-vous que la loi Macron et l'arrivée d'Orange dans le secteur bancaire peuvent bousculer le marché en 2017?

Personne ne peut dire aujourd'hui si l'entrée en vigueur de la loi Macron créera davantage de mobilité. Cependant, nous pensons que nous gagnerons davantage de clients que nous en perdrons. Nous ne sous-estimons pas l'arrivée de concurrents d'autant plus s'ils ont une surface de contact importante. Avec une stratégie industrielle longue, durable et expansive, un acteur pourrait progressivement devenir, comme nous l'avons fait il y a vingt ou trente ans, une banque importante. Mais, aujourd'hui, aucun nouvel entrant ne propose quelque chose que nous ne proposerions pas. Le véritable enjeu, c'est toujours de se différencier dans la relation.

 

Dans un an, les agrégateurs de comptes pourront réaliser des opérations de paiement. Est-ce une menace pour les banques ?

C'est objectivement un risque majeur en termes de sécurité pour les clients. L'industrie des paiements est très complexe à sécuriser et les coûts associés importants. Au Crédit agricole, nous y consacrons plus de 100 millions d'euros par an: comment les Fintechs et les start-up feront-elles? Autre sujet d'alerte, la directive européenne prévoit de contraindre à ouvrir les données pour créer de nouveaux business: c'est une rupture majeure. Au Crédit agricole, nous avons établi une charte qui nous engage à ne jamais céder les données de nos clients.

 

En Italie, votre deuxième marché, prendrez-vous part à la recomposition en cours ?

Nous sommes en Italie depuis plus de trente ans. Crédit agricole Italia s'appuie, elle aussi, sur un modèle de banque universelle bien implantée sur ses territoires et elle se porte très bien. Notre priorité, c'est toujours la croissance organique mais nous pourrions compléter nos positions si des opportunités se présentaient avec de petites banques territoriales dans le nord de l'Italie. Mais, à court terme, aucun rachat n'est envisagé.

À la fin de cette année, 80% des parcours clients auront été digitalisés et plus des deux tiers des souscriptions de produits ou de services pourront être réalisés à distance.

Philippe BRASSAC, Directeur Général du Groupe Crédit Agricole SA