Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
CFDT Crédit Agricole Languedoc

L’Italie conforte le Crédit Agricole dans sa stratégie

14 Mars 2017, 00:05am

Publié par CFDT CA Languedoc

L’Italie conforte le Crédit Agricole dans sa stratégie

Le groupe mutualiste défend son modèle de banque universelle de proximité. En Italie où sa filiale Amundi va lancer une augmentation de capital de 1,4 milliards d’euros pour acquérir Pioneer, ce modèle lui a permis de se développer malgré le contexte difficile.

 

Opération séduction en Italie pour le Crédit Agricole. La Banque verte a présenté vendredi à Milan sa stratégie de « banque universelle de proximité » qu'elle a déployée dans la botte, et qui représente désormais 18% du produit net bancaire de CASA, le holding de tête du groupe. En montrant la résistance de son activité italienne, - dans un pays portant encore les stigmates de la crise financière, et dont le secteur bancaire demeure affaibli -, le groupe fait de la Péninsule sa vitrine. La stratégie italienne, basée sur les synergies entre les différents métiers, pourrait en effet être reproduite dans ses autres marchés domestiques, en particulier la Pologne. Au passage, Crédit Agricole adresse un signe à l'opinion italienne, généralement inquiète d'une « OPA » française sur ses entreprises, alors même que sa filiale de gestion d'actifs Amundi doit lancer cette semaine l'augmentation de capital de 1,4 milliard d'euros qui lui permettra de boucler l'acquisition à 3,5 milliards d'euros de l'italien Pioneer.

 

Première spécificité de la recette transalpine du groupe français dans un pays marqué au fer rouge des « NPL » (« non performing loans », ou prêts non performants), le Crédit Agricole est parvenu à diviser par deux son coût du risque en trois ans (2013-2016), sans sacrifier sa dynamique commerciale, avec des encours en légère hausse et un résultat net part du groupe de près de 500 millions d'euros pour 2016. Le résultat d'une politique des risques prudente pour son réseau de banque de détail - septième en importance en Italie et concentré sur les régions prospères du nord. « Sur ce sujet, nous ne sommes absolument pas à l'échelle des problèmes du système bancaire italien. Les NPL diminuent dans nos portefeuilles de façon sensible et constante. Nous allons les gérer mais sans avoir à céder dans l'urgence » explique Giampiero Maioli, senior country officer pour le groupe en Italie. Crédit Agricole a en outre énergiquement repris en main Agos - numéro un du «crédit conso» italien par les encours (mais quatrième par la production) -, plombé par les créances douteuses.

 

L'acquisition de Pioneer bouclée mi 2017

 

Sur le fond, le groupe a méthodiquement bâti sa banque universelle italienne depuis 1972, à partir d'une activité de banque d'investissement, complétée au fil du temps par tout l'éventail des métiers bancaires, du crédit automobile (en co-entreprise avec le bras financier de Fiat, FCA) et de l'assurance. Afin de rendre le groupe plus cohérent et plus visible, il a récemment regroupé sous la marque Crédit Agricole ses banques de détail Cariparma, FriulAdria et Carispezia. Dernière brique en date : le rapprochement prévu entre Amundi, le géant européen de la gestion d'actifs détenu à 75% par Crédit Agricole et l'italien Pioneer. Sauf coup de théâtre, l'opération sera bouclée à la mi-2017. Parmi d'autres effets, la place de Milan devrait devenir l'un des « hubs » de ce nouveau poids lourd de la gestion d'actifs.

 

Une fois digérée cette acquisition, l'entité italienne sera-t-elle arrivée à sa taille critique ? Le groupe entend privilégier la croissance organique, même si « nous regardons les opportunités », a déclaré Xavier Musca, directeur général délégué du groupe Crédit Agricole. Seul indice d'éventuelles cibles pouvant intéresser le groupe mutualiste. « Crédit agricole n'entend pas devenir un acteur national majeur en Italie mais souhaite plutôt renforcer son assise régionale ».