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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Italie : le danger d’une coalition antieuropéenne

30 Mai 2018, 23:06pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Depuis les élections législatives du 4 mars, qui ont donné la victoire au Mouvement 5 étoiles et à la Ligue, l’Italie s’enfonce dans le chaos politique. Emilio Gabaglio, syndicaliste italien, s’inquiète des ambitions de cet hybride à deux têtes dont l’un des objectifs clair et affiché s’oriente vers une sortie de l'Europe.

Italie : le danger d’une coalition antieuropéenne

L’Italie s’enfonce dans la crise. Giuseppe Conte, le Premier ministre choisi par la coalition du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, a démissionné. En cause : le refus du président de la République italienne, Sergio Mattarella, de nommer au poste de ministre de l’Économie Paolo Savona, un économiste de 81 ans réputé eurosceptique. Selon Emilio Gabaglio, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) de 1991 à 2003, « le principal danger de cette coalition vient de son attitude antieuropéenne. Ce serait un changement de cap total pour l’Italie. Elle propose un désengagement européen et de ne plus respecter certaines règles européennes comme maintenir le déficit public des États sous les 3 %. Cela risque de pénaliser l’ensemble de l’UE. Nous avons besoin d’une Europe différente mais surtout de plus d’Europe. »

 

La décision de retoquer le gouvernement de Giuseppe Conte a fait hurler dans les rangs 
de la coalition. En revanche, elle soulage les organisations syndicales italiennes. « Le Mouvement 5 étoiles a une identité politique floue, il se dit ni de droite ni de gauche. La Ligue, elle, est clairement issue de l’extrême droite radicale, saluée par Marine Le Pen et Viktor Orbán mais désavouée par Silvio Berlusconi », analyse Emilio Gabaglio.

 

Le Président Mattarella a nommé Carlo Cottarelli dans la foulée de cette démission. Ce Premier ministre « technique » est chargé de former un gouvernement de transition avant de prochaines élections. Mais les observateurs prévoient qu’en l’état, les électeurs redonnent une majorité à la coalition. « La proposition d’un revenu universel de 780 euros par mois, bien qu’elle ne soit pas financée, a séduit de nombreux électeurs en difficulté, notamment dans le sud du pays, observe l’ancien syndicaliste. On estime à 2 millions le nombre d’électeurs ayant migré du Parti démocrate [de Matteo Renzi] vers le Mouvement 5 étoiles. » L’Italie n’en a pas fini avec le populisme.

dblain@cfdt.fr

 

Photo: (à gauche) Luigi di Maio, leader du M5S - (à droite) Matteo Salvini, de la Ligue © Tiziana Fabi/AFP.