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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Véronique Descacq : «Vivre ensemble nécessite forcément l’organisation de solidarités»

18 Septembre 2016, 23:05pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Véronique Descacq : «Vivre ensemble nécessite forcément l’organisation de solidarités»

Trois questions à la secrétaire générale adjointe de la CFDT sur la solidarité, un grand principe de l'Etat Social. Samedi 17 septembre, lors du Forum «France, un modèle social à suivre ?», une journée de débat au siège d’Alticemedia organisé par Libération et L’Express. 

 

Quel est le rôle de la solidarité dans notre modèle social ?

Quelle vaste question ! Je crois qu’un monde sans solidarité ne peut pas exister. Vivre ensemble nécessite forcément l’organisation de solidarités. On est d’ailleurs plus compétitifs quand on interagit dans la coopération et dans la solidarité, plutôt que seul contre tous et dans la concurrence. En France, les citoyens ont délibérément choisi de mutualiser un certain nombre de leurs ressources pour s’entraider, afin de lutter contre les inégalités. Notre modèle social garantit notamment un système d’éducation qui contribue à l’égalité des chances en donnant les mêmes moyens intellectuels à tous. Il permet aussi de soigner les malades grâce à la solidarité de l’ensemble des citoyens et de permettre à ceux qui ne travaillent plus d’avoir des revenus, grâce au système des retraites de solidarité entre les générations. Même si ce système a des limites, je ne pense pas que nous devions laisser chacun livré à lui-même ou apprendre et s’éduquer dans son petit cercle familial.

 
Faut-il réformer ce modèle ?

Notre système est extrêmement exigeant. Une fois qu’on en a dressé les grands principes, il faut ne pas se laisser endormir par son fonctionnement institutionnel, mais vérifier que la solidarité fonctionne toujours et que la mutualisation des moyens mis en place s’adresse aux personnes qui en ont le plus besoin, sachant que ces besoins ont pu changer avec l’évolution de l’économie et des aspirations individuelles. C’est notre opinion à la CFDT : nous ne considérons pas le système de solidarité comme figé, nous pensons qu’il faut être vigilant pour s’assurer que le consensus social fonctionne toujours. Objectivement, nos dispositifs de solidarité français résistent plutôt bien, même s’ils sont attaqués de toute part, car on estime que notre modèle coûte trop cher au regard de ce qu’il produit. Accepter de payer le prix de la solidarité nous paraît toutefois indispensable. Il nous semble que les Français sont très attachés à ce choix et notamment à la sécurité sociale.

 

A la CFDT, nous défendons un système protecteur pour tout le monde, celui qui a été instauré à la fin de la Seconde Guerre mondiale au moment du Conseil national de la Résistance, qui permet aussi à l’individu de faire des choix pour construire ses projets de vie. C’est pour cela que nous défendons le compte personnel d’activité et la retraite à la carte. Il faut, aux frontières du système, laisser un espace de liberté aux gens pour qu’ils puissent construire leurs projets personnels, sans mettre à mal l’équilibre solidaire de tous.

 
Enquoi les organisations syndicales garantissent la justice sociale ?

Je dirais qu’elles ont un rôle avec d’autres, car ce sont des corps intermédiaires. Ce qui fait la légitimité des syndicats, c’est leur fonction et leur connaissance du monde du travail. Même si nous ne prétendons pas définir la réalité pour tous, nous avons une expertise concernant la vie des travailleurs, que nous pouvons faire valoir notamment auprès de l’Etat.