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CFDT Crédit Agricole Languedoc

CEP : prendre sa carrière en mains

23 Novembre 2016, 00:05am

Publié par CFDT CA Languedoc

Mesure phare de la réforme de 2014, le conseil en évolution professionnelle (CEP) reste méconnu du grand public. Gratuit et ouvert à tous, il permet aux salariés de faire une mise au point sur leurs compétences et constitue une aide précieuse à la mobilité professionnelle. Reportage en Bretagne.

CEP : prendre sa carrière en mains

À quarante ans, Cécile songeait déjà depuis quelque temps à sa reconversion professionnelle. Après avoir travaillé vingt ans comme assistante administrative, elle a décidé de se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle pour sauter le pas. « Nous avons discuté de mes compétences et de leur équivalence. J’étais loin d’imaginer que mes années d’expérience professionnelle me permettraient de valider un niveau bac + 2. Ma transition professionnelle, je m’en faisais tout un monde, je me trouvais des excuses. Alors qu’au final, il suffisait juste d’oser. » Oser ! C’est le slogan de la campagne lancée fin septembre [photo en tête d’article] par les organismes agréés, afin de promouvoir le conseil en évolution professionnelle (CEP).

TOUS LES SALARIÉS ET DEMANDEURS D’EMPLOI PEUVENT BÉNÉFICIER DE CET ACCOMPAGNEMENT GRATUIT POUR RÉFLÉCHIR À LEUR PARCOURS.

Depuis 2014, tous les salariés et demandeurs d’emploi peuvent bénéficier de ce conseil et de cet accompagnement gratuit pour réfléchir à leur parcours. « Certains souhaitent entamer une reconversion, d’autres envisagent une progression de carrière dans leur entreprise, explique Virginie Legas, conseillère CEP au Fongecif Bretagne. Notre rôle est d’amener la personne à travailler sur ses compétences, et de définir avec elle un projet qui répondra à ses attentes et aux réalités du marché du travail. »

 

En 2015, l’organisme breton a reçu 16 800 demandes d’information et suivi 7 880 personnes pour un conseil approfondi. Virginie Jégu a été l’une des premières. Après un bac pro, elle enchaîne divers emplois dans la propreté, puis dans la distribution. Mais, à 30 ans passés, cette hôtesse de caisse, promue hôtesse d’accueil, a envie d’autre chose. Elle recherche des pistes de reconversion. « Le BTS n’était pas une évidence, je ne m’en sentais pas l’étoffe. C’est en discutant avec ma conseillère que j’ai pris conscience que mes compétences pouvaient s’appliquer à d’autres métiers. Sur ses conseils, j’ai repris mes études. C’est vrai que ça demande un gros investissement personnel, mais le résultat est là. » Désormais titulaire d’un BTS d’assistante de gestion PME-PMI, elle occupe un poste d’assistante commerciale en CDI depuis le 1er septembre.

 

 Démystifier le CEP

 

Si Virginie a saisi le CEP comme « une opportunité », prendre le temps de réfléchir à son parcours professionnel ne va pas de soi pour tous. Le Cnefop (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) révélait dans un premier bilan publié en avril 2016 que les demandeurs d’emploi sont 67 % à mobiliser leur droit au CEP. Loin, très loin, devant les salariés (17 %) et les indépendants, artisans, etc. (16 %). « Nous devons démystifier le recours au CEP. Aujourd’hui, on voit trop de gens cheminer seuls ou attendre d’être au pied du mur pour rebondir, déplore la conseillère du Fongecif. Or la reconversion ou la transition professionnelle, selon qu’elle est choisie ou subie, se ressent sur la maturité du projet. »

JE SAVAIS QU’À L’ISSUE DE MON ARRÊT DE TRAVAIL, J’AVAIS LA POSSIBILITÉ DE REPRENDRE MON EMPLOI. MAIS J’AVAIS DE SÉRIEUSES INTERROGATIONS SUR MON APTITUDE ET MA VOLONTÉ À RESTER À LA DÉCOUPE DE VOLAILLE PENDANT LES DIX PROCHAINES ANNÉES.

À 52 ans, un accident domestique impose à Nadine Le Boëdec un arrêt de travail de longue durée. Une période qu’elle décide de mettre à profit pour jouer la carte de l’anticipation : « Je savais qu’à l’issue de mon arrêt de travail, j’avais la possibilité de reprendre mon emploi. Mais j’avais de sérieuses interrogations sur mon aptitude et ma volonté à rester à la découpe de volaille pendant les dix prochaines années. Cet accident de parcours, c’était l’occasion de me poser un moment dans ma carrière, ce que je n’avais jamais eu l’occasion de faire. » Après un entretien conseil au Fongecif, Nadine s’oriente vers un bilan de compétences. Au terme de celui-ci, elle envisage de se reconvertir dans le milieu social, même si elle admet que son projet n’est pas encore bien identifié.

 

 Comme elle, 33 % des 732 195 personnes ayant mobilisé un CEP en France en 2015 souhaitaient un diagnostic de leur situation professionnelle, une « prise de recul ». En revanche 30 % recherchaient directement un appui à l’élaboration d’une formation et à la validation d’un projet professionnel précis. Or « la formation n’est pas un objectif en soi », insiste Anne Savatier, de l’Association pour l’emploi des cadres de Bretagne. En 2015, sur les 2 200 cadres bretons suivis par cet organisme pour un CEP, seuls 10 % ont eu recours à une formation in fine.

 

 Deux ans après le lancement du CEP, les opérateurs chargés de sa mise en œuvre saluent unanimement un outil permettant de répondre à un besoin de conseil et d’accompagnement. Reste aujourd’hui à en faire profiter le plus grand nombre. Pour le seul territoire breton, on estime à environ 700 000 le nombre de salariés du privé qui pourraient potentiellement bénéficier de ce service. Un challenge pour les prochaines années.

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