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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Partage du profit : des actionnaires davantage privilégiés que les salariés

15 Décembre 2016, 00:05am

Publié par CFDT CA Languedoc

Partage du profit : des actionnaires davantage privilégiés que les salariés

Les primes moyennes de partage de profit des principales entreprises cotées en bourse atteignent 4 206 euros en 2015, selon le baromètre réalisé par Eres, société de conseil et de gestion en épargne salariale. Soit un chiffre quasi stable par rapport à 2014. En revanche, les dividendes versés aux actionnaires s’envolent.
 

Ni hausse, ni baisse. Le baromètre réalisé par Eres, société de conseil et de gestion en épargne salariale et épargne retraite, révèle que le montant des primes de partage de profit (participation, intéressement et abondement) versées aux salariés des grands groupes cotés du SBF 120 est stable en 2015 par rapport à 2014. Elles atteignent 4 206 euros, contre 4 209 euros un an plus tôt. Cette étude est menée sur un échantillon de 83 entreprises, à l’aide de documents de référence des exercices 2015 publiés par ces entreprises en 2016.

 

Toutefois, leur montant est en baisse par rapport à 2011. Les primes collectives distribuées dans les entreprises du SBF 120 s’élevaient, en effet, à 4 571 euros, quatre ans plutôt. Soit une chute de 8%, "notamment en raison de la suppression de la prime dividende en 2015", constate Olivier de Fontenay, directeur général d’Eres. Celle-ci représentait en moyenne 324 euros en 2011.

 

Légère augmentation de l’abondement

 

Dans le détail, les primes de participation atteignent 1 840 euros en moyenne, en 2015, contre 2 052 euros en 2011 et les primes d’intéressement s’établissent à 2 101 euros contre 2 793 euros quatre ans auparavant. Soit une chute de 25%. Seul l’abondement (787 euros en moyenne) augmente de 3% par rapport à 2011, "probablement pour suivre l’augmentation du plafond annuel de la sécurité société", poursuit l’expert. "Il s’agit sans conteste d’un élément de négociation des NAO".

 

Salariés/ actionnaires : l’écart se creuse

 

Au total, les primes versées aux salariés français au nom du partage des profits représentent 26% des dividendes versés aux actionnaires en 2015, contre 32% en 2011. "Les salariés n’ont pas été pénalisés mais ils ont été moins favorisés que les actionnaires", poursuit Olivier de Fontenay. De fait, l’écart se creuse : les dispositifs de partage des profits pour les salariés ont été quatre fois moins élevés que les dividendes versés aux actionnaires. Celles-ci ont représenté près de 20 milliards d’euros quand les primes sont restées à 5,1 milliard d’euros.

 

Reste à savoir si la tendance se confirmera en 2016. "Tout l’enjeu est de savoir s’il s’agit d’une baisse conjoncturelle ou structurelle", note Olivier de Fontenay. Autre inconnue : l’impact de la loi Macron. Le taux du forfait social est, de fait, passé de 20% à 16% pour les sommes issues de l’intéressement, de la participation et de l’abondement patronal affecté à un Perco. "Mais cette révision ne devrait jouer qu’à la marge. La situation financière sera le seul levier d’un meilleur partage des profits".

 

Les situations sont cependant très diverses d’une entreprise à l’autre : 25% des entreprises versent plus de primes de partage du profit à leurs salariés que de dividendes à leurs actionnaires.17% d’entre elles versent 10 fois plus de dividendes que de primes de partage du profit. En revanche, 13% des sociétés attribuent des primes de partage du profit alors qu’elles ne versent pas de dividendes.

 

Mais les salariés des entreprises du SBF 120 restent privilégiés. Les montants distribués y étant 65% plus élevés que dans l’ensemble des entreprises françaises de dix salariés ou plus.

 

Evolution des montants distribués dans les entreprises du SBF 120 entre 2011 et 2015

 

Dispositifs

2011

2015

Evolution

Participation

2052 €

1840 €

-10%

Intéressement

2793 €

2101 €

- 25%

Abondement

764 €

787 €

+3%

Prime dividende

324 €

0 €