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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Disparition d’Edmond Maire : "l’immense tristesse" de Laurent Berger

2 Octobre 2017, 23:05pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Disparition d’Edmond Maire : "l’immense tristesse" de Laurent Berger

Décédé le dimanche 1er octobre, Edmond Maire avait été le secrétaire général de la CFDT de 1971 à 1988. Il avait marqué le syndicat de son empreinte. "Je ressens une immense tristesse", témoigne Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

 

Votre réaction après l’annonce de la disparition d’Edmond Maire ?

Je ressens une immense tristesse. Depuis lundi, je savais que c’était inéluctable quand je lui avais rendu une dernière visite. On a su qu’on se disait au revoir. Je l’avais trouvé très affaibli. Mais il avait encore trouvé la force de parler de l’actualité, des élections en Allemagne et de l’Europe. Il avait une intelligence hors-norme. Il était franc avec un caractère pas toujours facile à manier et toujours beaucoup de malice dans les yeux

 

Quel est son bilan ?

Edmond Maire a été l’homme du recentrage de la CFDT sur l’action syndicale et la proximité avec les travailleurs. Il a aussi été le penseur de la deuxième gauche et de la transformation sociale. Pour lui, la CFDT devait porter un projet d’émancipation individuelle et collective. Après son départ de la CFDT, il était resté attentif aux questions de l’inégalité et de l’immigration et s’était engagé en faveur de l’insertion professionnelle et de l’épargne solidaire.

 

En interne, il avait dû faire face à des oppositions ?

C’est vrai. Mais les choix qu’il a défendus permettent aujourd’hui d’avoir une CFDT plus homogène et apaisée. Il était fier d’avoir vu la CFDT devenir la première organisation syndicale dans le privé.

 

Il continuait à suivre l’actualité de la CFDT ?

Edmond Maire me l’avait encore redit lorsque je l’ai vu lundi. La marque de fabrique de la CFDT, c’est le dialogue social. Il était resté profondément attaché à la CFDT. Je le voyais régulièrement. On s’écrivait. Chaque rencontre avec lui était un challenge intellectuel.

 

C’était un Européen convaincu ?

Oui comme François Chérèque et Jacques Moreau disparus ces derniers mois. Tous de grands Européens. Pour la CFDT, c’est une p… d’année.

 

Le mouvement syndical français reste divisé. Qu’en pensait-il ?

Il le regrettait et pensait que l’avenir du syndicalisme passait par un rapprochement plus fort entre syndicats réformistes.

 

Avec la CFDT, Edmond Maire a défendu l’autogestion dans les entreprises. Une idée utopique ?

On appelle ça aujourd’hui le partage du pouvoir et la codécision. Pour nous, cette question est toujours d’actualité avec notre revendication pour une plus grande association des travailleurs aux décisions dans les entreprises ainsi qu’à leur place dans les conseils d’administration.

 

C’était aussi un intellectuel ?

Oui et c’était un visionnaire. Il inscrivait toujours sa pensée dans une vision large. Sa pensée ne se résumait pas dans un tweet.

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