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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Christian Rouchon, directeur général du Crédit Agricole Languedoc, évoque "un rebond" en 2021

7 Janvier 2021, 10:49am

Publié par CFDT CA Languedoc

Christian Rouchon, nouveau Directeur général du Crédit Agricole du Languedoc, évoque avec optimisme les perspectives économiques de notre territoire.

Christian Rouchon, directeur général du Crédit Agricole Languedoc, évoque "un rebond" en 2021

Nous serons au RDV de la relance économique

Christian Rouchon, vous arrivez de Grenoble, vous avez pris vos fonctions chez nous très récemment – le 1er septembre dernier -, on peut donc dire que vous avez un regard neuf. Quel « rapport d’étonnement » avez-vous pu dresser au sujet de notre territoire ?

Je suis originaire de région Rhône-Alpes et j’étais Directeur général d’une Caisse dont le siège est à Grenoble. Territoire très différent de celui du Languedoc, mais également du département de Hérault ou de la ville de Montpellier, siège de la Caisse régionale. Au-delà des particularités culturelles propres à chaque région, j’ai été frappé par un premier contraste : la part plus modeste de l’industrie dans l’économie locale. En revanche le dynamisme démographique crée celui de l’immobilier. On voit des grues de partout et des transformations d’infrastructures pour accompagner l’accroissement des flux de mobilité. Ici l’industrie, c’est l’immobilier ! 

C’est une bonne chose ou pas ?

Ce sont des économies différentes tout simplement.  Ce double dynamisme (démographique et immobilier) en génère un autre : les services, l’artisanat, le commerce, la petite entreprise sont particulièrement actifs. Nouveaux quartiers, réhabilitation du centre-ville et d’immeubles anciens, immobilier commercial et de bureaux, projets d’urbanisme, équipements structurants… Et ce sont des activités qui restent largement contrôlées par des acteurs locaux. C’est un atout. C’est un signe de robustesse économique et la garantie de faire vivre les gens d’ici. Et ça, ça me plait.

Transition idéale pour évoquer ensemble le récent rachat, en tandem avec GGL Aménagement, du terrain de Montpellier Business School à la CCI Hérault.

La promesse de vente a été signée le 14 décembre dernier et je m’en réjouis à plus d’un titre. Primo, la reconfiguration du site, qui s’étend tout de même sur 6 hectares, 44 000 m2 de surface de plancher (et englobe un parc classé de 1ha) correspond tout à fait à notre troisième métier après la banque et l’assurance, qu’est l’immobilier. Deuzio, cela va nous permettre de participer à la « reconstruction de la ville » avec des critères sociaux et environnementaux forts. En tant que banque de territoire, on est donc là où on doit être, c’est à dire au cœur des projets qui appuient les grandes mutations de notre région. Tertio, ce chantier s’inscrivant dans la durée, (trois ans pour déménager l’école, deux ans pour faire sortir de terre pas moins de 700 logements), il va de pair avec l’esprit d’une banque coopérative comme la nôtre. Nous sommes la banque « du temps long ». Nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité immédiate. Nous sommes des « banquiers partenaires » animés par le même esprit entrepreneurial que nos clients.

Le Groupe Crédit Agricole figure parmi les 25 entreprises les plus utiles aux Français

Est-il vrai qu’1 languedocien sur 3 est client du Crédit Agricole Languedoc ?

C’est exact. Nous détenons précisément 35% des parts de marché sur le territoire qui dispose pourtant de plus d’une vingtaine d’acteurs bancaires. La dernière enquête IRC (Indice de recommandation client) nous attribue d’ailleurs la meilleure note dans la catégorie Banques des territoires, nous positionnant comme la banque préférée des Languedociens. Autre distinction qui ne trompe pas : le Groupe Crédit Agricole figure parmi les 25 entreprises les plus utiles aux Français selon une étude** réalisée en pleine crise de coronavirus.  C’est bien la preuve que l’engagement de nos collaborateurs pendant la crise sanitaire est reconnu par nos clients. Quand nous affirmons que nous sommes « la banque des bons et mauvais moments », ce n’est pas un simple slogan, c’est l’engagement de toute une entreprise.

« Banque des bons et des mauvais moments » en 2020, a aussi beaucoup rimé avec un acronyme : PGE.

Le Prêt Garanti d’État (PGE) est une excellente chose pour notre économie. Sa prorogation jusqu’à fin juin l’est aussi. La Banque Centrale Européenne (BCE) vient d’ailleurs d’annoncer le renforcement de son dispositif.  Pour les entreprises, quelle que soit leur taille, le danger mortel reste la cessation de paiement. Avec les pauses crédit et les PGE, nous avons permis de réaliser un pont par-dessus le confinement pour porter les acteurs économiques au-delà de la crise sanitaire et éviter les défaillances.

Cela a permis de mettre une grande partie de notre économie sous perfusion et de garantir les conditions de la reprise. Dès l’activation du dispositif, et en complément des 28 000 « pauses crédit » que nous avons accordées, j’ai encouragé personnellement les chefs d’entreprise à utiliser tout leur droit à PGE (à hauteur de 25% de leur chiffre d’affaires annuel). Et je continue de le faire. A notre niveau, le Crédit Agricole du Languedoc, a déjà accordé 1 milliard d’euros de PGE. Ce prêt est un des leviers de la reprise et de la croissance de demain. Je crois pouvoir dire que nous avons su tenir notre rang de première banque du territoire. En répondant aux besoins fondamentaux de nos clients pendant les confinements, nous avons pu prouver notre capacité à être connectés à la vie des Languedociens. Je tiens à souligner l’engagement et la mobilisation sans faille de nos
2 700 collaborateurs et je souhaite saluer le grand travail et professionnalisme de Véronique Flachaire, à qui j’ai succédé.

Dès l’activation du dispositif, et en complément des 28 000 « pauses crédit » que nous avons accordées, j’ai encouragé personnellement les chefs d’entreprise à utiliser tout leur droit à PGE

Quels sont, selon vous, les fondamentaux de métier de banquier en 2021 ?

 Justement, c’est ce que j’appelle « Le rapport humain connecté ». C’est-à-dire être à la fois 100% présent en physique par le biais de nos agences, pour nos clients, tout en étant 100% présent en ligne. Ce rôle de banquier de proximité est essentiel. Nous ne sommes pas dans une stratégie de fermeture de nos agences, contrairement à nombre de confrères. Je tiens à ce que nous demeurions, non seulement la « banque conseil », mais aussi la « banque confiance ». Je le répète souvent à mes équipes : on ne prête pas que sur des chiffres, mais aussi sur la qualité des projets et des Hommes. Et pour ça, se rencontrer, est essentiel. Je sais que le terme est à la mode (sourire), mais c’est le plus à propos.

Sans langue de bois, peut-on être optimiste pour cette année qui démarre ?

Si nous, nous ne le sommes pas, qui peut l’être ? En 2020, nous nous sommes attachés à créer un pont au-dessus de la crise pour préserver le tissu économique et favoriser sa relance. Si, au confinement, l’économie s’est effondrée, au déconfinement, le rebond ne s’est pas fait attendre. Certains indices ont même atteint des niveaux supérieurs à ceux enregistrés avant la crise. Nos encours de crédit ont progressé de +10% pour atteindre 23Mds d’euros au total.

De grands défis se profilent en 2021 : les échéances des PGE, le lancement de l’accompagnement en fonds propres.

Certains secteurs continuent bien sûr de souffrir, mais nous saurons être à leurs côtés pour relever le défi de la consolidation de notre économie. De grands défis se profilent en 2021 : les échéances des PGE, le lancement de l’accompagnement en fonds propres. Et nous serons au rendez-vous pour permettre à nos entreprises d’investir, de créer, d’innover en capitalisant sur les atouts de notre territoire. Le secteur des énergies renouvelables en est un. A ce jour, nous avons déjà accordé 700 millions d’euros de prêts pour investir dans le secteur des EnR, très actif en région, ce qui témoigne de notre engagement pour une économie plus responsable et respectueuse de l’environnement. Autre enjeu d’avenir : la montée en gamme du tourisme sur le littoral languedocien. Nous allons même mettre sur pied une entité afin d’accompagner cette filière. Vous voyez, je ne suis là que depuis quelques semaines, mais je suis déjà un peu chez moi.

METROPOLITAIN /actu.fr

**Etude Brand Asset Valuator (BAV) « spécial confinement », publiée par l’agence de communication VMLY&R

 

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