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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Agirc-Arrco : en 2020, plus d’un retraité sur deux a préféré le malus au report de l’âge de départ

8 Juin 2021, 17:34pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Agirc-Arrco : en 2020, plus d’un retraité sur deux a préféré le malus au report de l’âge de départ

Instauré en 2019, le dispositif de bonus/malus de la retraite complémentaire Agirc-Arrco vise à inciter les salariés du privé à travailler plus longtemps. Pourtant, plus d’un nouveau retraité sur deux a décidé en 2020 de ne pas repousser son départ, quitte à voir sa pension diminuer.

Après deux ans d’application, les premiers bilans arrivent. Dans le panorama annuel des retraites publié par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publié le jeudi 20 mai, il était indiqué que pour sa première année d’application, le bonus-malus de l’Agirc-Arrco a concerné 49% des nouveaux retraités. En 2020, d’après nos informations, ce chiffre grimpe pour atteindre 55%. Ce qui signifie donc que plus d’un ex-salarié du privé sur deux est parti avec une pension minorée de 10% pendant trois ans. Ce principe de bonus/malus a été instauré en 2019. Les retraités qui partent à l’âge du taux plein voient leur retraite réduite de 10% pendant trois ans. Pour éviter ce malus, ils doivent partir un an plus tard. A l’inverse, s’ils décident de travailler plus longtemps, leur pension est augmentée pendant un an. La hausse est de 10% pour un salarié qui travaille deux ans de plus que l’âge d’obtention du taux plein. Elle est de 20% pour trois ans et 30% pour quatre ans. Sont concernées les générations nées à partir de 1957.

Ce dispositif n’a donc pas empêché plus de la moitié des nouveaux retraités de prendre leur retraite même s’ils touchaient moins que prévu. “Dès que les gens peuvent partir à la retraite, ils partent quelles que soient les conditions", confirme un expert du dossier. Concernant ceux qui sont partis sans malus, près de 38% remplissent les conditions qui permettent d’être exonérés du dispositif. C’est le cas notamment des futurs retraités qui sont exonérés de Contribution sociale généralisée (CSG). Le reste, près de 8%, sont des salariés qui sont partis avant l’âge du taux plein pour leur retraite de base. Ils ont alors une décote à vie sur leur pension de base, ce qui les exonère automatiquement d’un malus supplémentaire pour leur retraite complémentaire.

Cette mesure de bonus/malus décidée lors de l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2015 faisait partie d’un “package” pour rétablir les finances du régime. D’après les prévisions, les économies en 2020 devaient tourner autour de 500 millions d’euros. Finalement pour 2019 et 2020 l’économie serait plutôt comprise entre 320 et 370 millions d’euros, selon nos informations. “Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, car difficile à estimer précisément”, prévient un spécialiste de l’Agirc-Arrco. Cette fourchette d’économie ne prend pas seulement en compte l’application du malus. Elle considère également les cotisations supplémentaires rapportées par ceux qui ont décidé de travailler plus longtemps pour éviter le malus et les pensions versées en moins pour ceux qui allongent leur durée de vie active.

Même s’il est difficile de connaître l’économie réalisée à l’euro près, une chose est sûre, cette mesure est très loin de combler à elle toute seule le déficit du régime. En effet, d’après les résultats provisoires présentés en mars dernier, le déficit technique de l’Agirc-Arrco (soit la différence entre les cotisations perçues et les prestations versées) s'élève en 2020 à 6 milliards d’euros. Les partenaires sociaux, gestionnaires de l'Agirc-Arrco doivent se retrouver d’ici la fin du mois de juin pour évoquer l’avenir du régime et le sujet du bonus/malus devrait revenir sur le devant de la table.

© Capital