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CFDT Crédit Agricole Languedoc

La CFDT-Agri-Agro met le cap sur la transition juste

10 Décembre 2021, 17:25pm

Publié par CFDT CA Languedoc

La Fédération CFDT de l’agriculture et de l’agroalimentaire entame, à l’issue d’un congrès réussi, une mandature aux nombreux défis. À commencer par la volonté d’accompagner la mutation d’un système productif à bout de souffle.

Mot d’ordre pour les années à venir : mettre du social dans nos assiettes !

La CFDT-Agri-Agro met le cap sur la transition juste

« Je pense que nous avons bénéficié d’un bon alignement des planètes », reconnaît Fabien Guimbretière, réélu secrétaire général de la FGA-CFDT (désormais nommée « CFDT Agri-Agro », à la suite d’un changement d’identité décidé en congrès statutaire), à Saint-Étienne. Ce 12e congrès s’est tenu sous les meilleurs auspices, réunissant du 16 au 19 novembre dernier quelque 350 participants (avec plus de 82 % des syndicats présents ou représentés), dans la période encore sereine qui a précédé la progression fulgurante du variant Omicron. « Nous avons vu à quel point nos militants avaient besoin de se retrouver, de recréer du lien. Tout le monde est reparti reboosté. » À l’instar de Fabien, tous les participants ont pu apprécier l’ambiance à la fois studieuse lors des débats d’amendements — neuf amendements débattus1 –, émouvante lors des interventions des représentants syndicaux internationaux et respectueuse pendant la table ronde sur l’alimentation durable, qui a fait l’unanimité.

 

Le respect du vivant

 

À l’aube de la nouvelle mandature, la Fédération CFDT Agroalimentaire semble donc prête à relever les défis qu’elle a définis dans son projet de résolution. Les défis « externes » sont immenses : ils visent notamment à accompagner la mutation du système productiviste actuel, délétère pour les hommes (dont les salariés) et pour l’environnement, afin d’aller vers un modèle plus respectueux et durable. « Nous avons mis en place, il y a soixante-dix ans, des modèles qui atteignent leurs limites. Notamment parce qu’ils ne respectent pas le vivant », a résumé Emmanuel Faber, ex-PDG de Danone, invité de la table ronde. Il a notamment fustigé « ce mythe de l’alimentation pas chère. Cette alimentation qui tire toujours les prix vers le bas induit une maltraitance à la fois des personnes, des emplois, la maltraitance des sols, ruinés par la monoculture, et la maltraitance animale ». L’ampleur des transformations, qui nécessitent des investissements colossaux, serait comparable à « celle que traverse le secteur de l’automobile », évoque Fabien.

 

“Nutri-Score social”

 

« Promouvoir une alimentation saine, durable, accessible à tous : voici notre feuille de route. Il faut pouvoir articuler les enjeux nutritionnels et de santé aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux », précise Fabien Gimbretière, qui milite en vue d’« inclure des critères sociaux dans les certifications des produits alimentaires ». Porté par la fédération sous le nom « Du social dans nos assiettes », ce projet est comparable à une sorte de Nutri-Score social. Les difficultés à recruter au sein de ces secteurs, que ce soit dans l’agriculture ou les industries de transformation, témoignent de la nécessité de revoir les conditions d’emploi, de travail et de rémunération tant ces activités demeurent marquées par une forte pénibilité, une précarité élevée (emplois saisonniers), de faibles rémunérations et un évident manque de reconnaissance.

 

La revalorisation des travailleurs dits de la deuxième ligne se fait d’ailleurs toujours attendre, avec des branches priées d’engager rapidement de véritables négociations. Or, sur ce point, « les politiques publiques qui ont trait à l’agriculture ou l’agroalimentaire ont toutes négligé ces aspects sociaux. On s’est préoccupé du gaspillage alimentaire ou de l’environnement, ce qui était bien évidemment nécessaire, mais les aspects sociaux sont toujours restés un angle mort », a souligné Guillaume Garot, ex-ministre délégué à l’Agroalimentaire entre juin 2012 et mars 2014, également invité de la table ronde.

 

La conditionnalité des aides de la PAC

 

Néanmoins, le récent vote de la politique agricole commune (PAC) par le Parlement européen représente plus qu’une avancée, que Fabien Guimbretière tient à souligner. « Il s’agit d’une victoire syndicale retentissante. Dans cette PAC, nous avons obtenu, avec les autres organisations syndicales européennes au sein de l’EFFAT2, la conditionnalité sociale des aides publiques. Ces aides seront donc conditionnées au respect des règles de santé et de sécurité européennes ou à l’obligation d’établir un contrat de travail, par exemple. Les employeurs qui ne respecteraient pas ces règles pourront être sanctionnés, comme lorsqu’ils ne respectent pas les règles garantissant le bien-être animal. L’enjeu est désormais de faire appliquer ces principes partout en Europe pour qu’ils deviennent effectifs ».

Ayant l’irrépressible envie de mener à bien ce projet de société, la fédération s’est également fixé une feuille de route interne visant « une organisation optimisée pour plus d’efficacité » (avec la poursuite du mouvement de regroupement des syndicats dans un contexte général de baisse des moyens consécutive à la mise en place des comités sociaux et économiques) et un fort développement. Vu le résultat du vote du projet de résolution (approuvé à 95,97 %), cette feuille de route de la mandature tout juste entamée est solidement validée.

 
1. Deux d’entre eux ont été très défendus par la fédération : le premier pour confirmer la nécessité de réduire l’utilisation des pesticides, le second pour réaffirmer que les accords salariaux ne peuvent être signés dès lors qu’ils sont inférieurs au Smic.
2. Fédération européenne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme.
 

La nouvelle commission exécutive

Fabien Guimbretière : secrétaire général (avec les dossiers coordination générale et communication externe) ;
Franck Tivierge : trésorier (prospectives et stratégies économiques) ;
Emmanuel Delétoile : organisation et formation syndicale ;
Sophie Gilbert : développement et pratiques syndicales, communication ;
Alexandre Dubois : action revendicative et formation professionnelle continue ;
Véronique Dournel : transformation agro ;
Stéphanie Stoll : services à l’agriculture, protection sociale et conditions de travail ;
Benoît Delarce : production agricole.