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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Les candidats passent leur grand oral

16 Mars 2022, 17:30pm

Publié par CFDT CA Languedoc

Six candidats à l’élection présidentielle (ou leurs représentants) sont venus à la Confédération le 10 mars et ont planché sur cinq thèmes sociaux. Ce qu’il faut retenir de leur audition devant la CFDT…de leur audition devant la CFDT…

Les candidats passent leur grand oral

« C’est au nom de la démocratie et pour faire vivre le débat politique face aux attaques totalitaires que nous avons décidé de maintenir cette audition. » En ouverture de cette matinée d’audition, Laurent Berger, après avoir réaffirmé la solidarité de la CFDT avec le peuple ukrainien, a tenu à expliquer pourquoi, « en dépit du contexte grave et inquiétant du fait de l’agression intolérable de l’Ukraine par la Russie », la Confédération a maintenu ce rendez-vous avec les candidats à la présidentielle. Libre et engagée, la CFDT est bien décidée à prendre toute sa place dans cette campagne pour « faire vivre le débat et faire émerger des propositions ».

Ils étaient donc six, de tout bord politique – à l’exception de l’extrême droite, que la CFDT refuse d’inviter –, à se succéder, le 10 mars dernier, dans la salle du Conseil national confédéral, afin de répondre aux questions de la CFDT sur leur programme présidentiel autour de cinq axes : le dialogue social et le rôle du syndicalisme ; la protection sociale ; la transition écologique ; le pouvoir d’achat ; l’Union européenne. Si Anne Hidalgo (Parti socialiste), Fabien Roussel (Parti communiste français) et Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts) étaient présents, Emmanuel Macron (En Marche), Valérie Pécresse (Les Républicains) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) étaient quant à eux représentés respectivement par Richard Ferrand, Damien Abad et Éric Coquerel.

Revoir l’intégralité de l’audition des six candidats ou de leurs représentants

La place du dialogue social

À la question « Quelle place entendez-vous donner aux organisations syndicales dans les entreprises et administrations, mais aussi en dehors ? », tous les intervenants ont loué le rôle des partenaires sociaux. Si Fabien Roussel et Éric Coquerel ont clairement fait part de leur intention d’abroger la loi El Khomri1 et les ordonnances travail, Anne Hidalgo a préféré insister sur la nécessité de réinstaurer des CHSCT. Damien Abad a, pour sa part, évoqué de possibles « ajustements des ordonnances ». De même, l’augmentation de la présence de représentants des salariés dans les conseils d’administration, au nom de la « codétermination », est plébiscitée par les candidats PS, EELV et PCF. Yannick Jadot, lui, propose l’idée d’un chèque syndical en vue d’encourager la syndicalisation.

Grand écart sur la question des retraites

Sans surprise, les positions ont été beaucoup plus tranchées sur le sujet des retraites. D’un côté, Richard Ferrand – au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron de son intention de repousser progressivement l’âge l’égal de départ à 65 ans – et Damien Abad sont favorables à une telle réforme paramétrique, tout en prenant soin de l’assortir de compensations pour les « carrières longues » et les carrières hachées. De l’autre côté, à gauche, les quarts candidats s’opposent à une telle proposition, qualifiée de « scandale absolu » par Anne Hidalgo. Cependant, si la candidate du PS et Yannick Jadot disent non à un report de l’âge légal, Éric Coquerel et Fabien Roussel vont plus loin et promettent un retour à la retraite à 60 ans.

La transition écologique, oui mais comment ?

Au-delà du consensus sur l’indispensable transition vers une société décarbonée en misant sur les énergies renouvelables et la nécessité d’aides volontaristes à la rénovation des « passoires thermiques », une opposition se fait jour entre pro et anti-nucléaire. Fabien Roussel et Damien Abad y voient l’opportunité d’une souveraineté énergétique1, les autres candidats préfèrent insister sur l’accompagnement et le financement de la transition vers les énergies renouvelables, que ce soit par un « ISF écolo » pour EELV ou par l’inscription d’une « règle verte » dans la Constitution pour LFI. En revanche, tous s’accordent à reconnaître que « l’écologie doit être juste », comme le dit Anne Hidalgo, et soutenable économiquement pour les citoyens.

Quel avenir pour l’Europe ?

Le contexte de guerre en Ukraine aura évidemment pesé sur les interventions des candidats au sujet de l’Union européenne. Si Éric Coquerel assume ouvertement vouloir désobéir aux traités européens et obtenir leur renégociation, les autres candidats ou leurs représentants inscrivent leur action future dans le cadre de l’Union européenne tout en appelant de leurs vœux une Europe « plus sociale ».

Quand Richard Ferrand et Damien Abad évoquent l’objectif d’une « Europe puissance », Yannick Jadot voit dans l’Union européenne « notre horizon et notre force face au reste du monde ». Le candidat écologiste tout comme Anne Hidalgo se prononcent en faveur d’une Europe de la défense, tant l’idée de « reculer sur la construction européenne serait irresponsable ».

 

“Ne pas faire valoir son droit de vote constitue un danger pour la démocratie !”

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

 

En conclusion de cette matinée, Laurent Berger a avant tout encouragé à aller voter : « La CFDT ne donne aucune consigne de vote mais ne pas faire valoir son droit de vote constitue un danger pour la démocratie ! » En ce qui concerne la campagne elle-même et le prochain quinquennat, le secrétaire général a confirmé que « la CFDT sera toujours là pour exiger la reconnaissance des travailleurs, des emplois de qualité, une protection sociale qui protège, une répartition plus juste des richesses, une transition écologique dans la justice et la démocratie ou la lutte contre toute forme de discrimination ». Elle sera également « là pour contrer toute réforme d’injustice sociale à l’encontre des travailleurs ». Toujours fidèle à ses valeurs.

Les candidats passent leur grand oral