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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Les régimes de retraite confrontés à une démographie moins favorable que prévu

20 Avril 2022, 06:39am

Publié par CFDT CA Languedoc

La France va faire face d'ici à 2070 à un vieillissement de sa population plus rapide que ce qui était anticipé. Et cette dynamique défavorable va peser sur le solde des régimes de retraite sur plusieurs décennies, si elle se confirme.

Les régimes de retraite confrontés à une démographie moins favorable que prévu

Plus de seniors, moins de jeunes et d'actifs. La France va faire face d'ici à 2070 à un vieillissement de sa population plus rapide que ce qui était anticipé en 2016, selon l'Insee, qui a révisé ses projections démographiques en novembre 2021 . Et cette dynamique défavorable va peser sur le solde des régimes de retraite sur plusieurs décennies, si elle se confirme.

Le Conseil d'orientation des retraites (COR), qui se réunissait ce jeudi pour préparer son rapport annuel sur les perspectives financières des régimes de retraite, avait anticipé dès juin 2021 les nouvelles projections de l'Insee . Elles feront référence pour cinq ans. En transformant son ancien « scénario bas » en nouveau « scénario central », le COR a visé juste l'année dernière, à peu de chose près.

 

Fécondité et espérance de vie

 

Dans les décennies à venir, la fécondité sera moins élevée que prévu, et restera juste en dessous du seuil de renouvellement des générations, prévoit désormais l'Insee : entre 1,60 et 2, avec une hypothèse centrale de 1,80. « Par rapport à l'hypothèse centrale de fécondité de l'exercice précédent de 2016, beaucoup plus élevée (1,95), ceci est une révision importante », souligne le COR dans un document de travail non public qu'ont pu lire « Les Echos ».

Le nombre d'enfants par femme demeurerait supérieur à son point bas de 1994 (1,68), dit aussi le COR, en rappelant que les quinze années suivantes ont été marquées par une hausse de la fécondité et donc des naissances, « malgré la diminution régulière, au cours de cette période, du nombre de femmes en âge de procréer. » C'est en 2014 que la fécondité a commencé à décliner, entraînant une diminution des naissances totales.

Les régimes de retraite confrontés à une démographie moins favorable que prévu

La projection à long terme du solde migratoire, quant à elle, reste inchangée. Il y a eu en moyenne 74.500 entrées nettes par an sur le territoire entre 2008 et 2018, et pour 2021-2070, il pourrait y en avoir 70.000 par an. Néanmoins, les fluctuations sont fortes, avec une fourchette prévisionnelle de 20.000 à 120.000 entrées nettes par an. Il y a surtout beaucoup d'incertitudes - les conséquences de la guerre en Ukraine n'ont pas été modélisées.

Entre 2021 et 2070, l'espérance de vie instantanée à 60 ans des femmes devrait finalement être de 31,3 ans (scénario central). Elle diminuerait donc de 2,2 ans par rapport à ce qu'imaginait l'Insee en 2016, mais pas de 2,4 ans comme le redoutait le COR en 2021. Pour les hommes, ce serait 29,3 ans, au lieu de 31 ans anticipés en 2016 par l'Insee… et 28,7 ans pour le COR de 2021.

 

Creux des naissances

 

Enfin, le Conseil d'orientation des retraites n'a pas pris en compte l'année dernière l'effet de la surestimation de la fécondité ces cinq dernières années. Ce creux des naissances va se répercuter dans vingt ans, et pour les vingt années suivantes, puisque l'âge féminin de la procréation est en moyenne compris entre 20 et 40 ans. Pour faire court, les filles qui ne sont pas nées en 2016 ne pourront pas donner naissance à un enfant à partir de 2036.

A cela s'ajoute le fait que le solde migratoire des femmes de 16 à 27 ans a été révisé à la baisse, ce qui n'avait pas été anticipé. De quoi amplifier la tendance à la baisse de la fécondité, et dégrader un peu plus le ratio actifs sur retraités.

 

Des prévisions financières à venir

 

La population totale va donc continuer à progresser jusque vers 2040-2050, mais moins qu'attendu en 2021, constate le COR. Le Conseil n'a pas encore mis à jour en conséquence ses prévisions financières (un besoin de financement de 0,1 % à 0,7 % du PIB dans les années 2030). Mais il signale que l'effet défavorable restera « limité par rapport à 2021 ».

D'autres facteurs vont modifier les projections. En effet, le COR, qui est régulièrement critiqué pour ses hypothèses optimistes, a décidé d'adopter des scénarios de croissance de la productivité du travail moins roses : entre 0,7 % et 1,6 %, au lieu de 1 % à 1,8 % jusqu'à présent. De plus, il compte suivre la recommandation du Comité de suivi des retraites, et supprimer l'une des trois conventions comptables permettant de calculer les contributions et subventions d'équilibre de la fonction publique et des régimes spéciaux.

Les Echos