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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Combattre les discriminations en tout genre

18 Mai 2022, 22:51pm

Publié par CFDT CA Languedoc

En 2021, en France, travailler sans avoir à se cacher ou à subir les propos discriminants de ses collègues est encore une chimère pour des milliers de personnes lesbiennes, gays, bi ou transgenres (LGBT+). L’intervention des associations en entreprise, telles que L’Autre Cercle, dans cette lutte pour l’inclusion, tend à changer la donne.

Combattre les discriminations en tout genre

Harcèlement, insultes ou menaces, les violences contre les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et plus (LGBT+) continuent d’être une réalité. En 2019, 35 % d’entre elles déclarent avoir vécu au moins une forme de discrimination en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Les personnes LGBT+ sont deux à trois fois plus souvent exposées à des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles que les personnes hétérosexuelles. Un phénomène auquel n’échappe malheureusement pas le monde du travail.

« Il y aura toujours des LGBTphobes, déplore Catherine Tripon, porte-parole de L’ Autre Cercle, association qui œuvre pour l’inclusion et la gestion de la diversité LGBT+ au travail. La question, c’est comment on agit en amont pour prévenir et mettre en place des mesures visant à empêcher les discriminations ? »

C’est tout l’enjeu de la charte d’engagement LGBT+ de l’association (lire ci-dessous) – dont la CFDT est signataire  – qui aborde l’orientation sexuelle et l’identité de genre sous un angle ressources humaines et responsabilité sociale des entreprises.

 

Créer la confiance

« C’est en réinterrogeant et en changeant certaines pratiques que les choses évoluent », insiste Catherine Tripon. Une étude de l’Ifop pour L’Autre Cercle1confirme que la mise en place d’une politique volontariste (formation, référent identifié, communication spécifique…) contribue à faire évoluer les mentalités.

Ainsi, si à l’échelle nationale 10 % des personnes LGBT+ déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles sur leur lieu de travail, elles sont 2 % parmi les répondants travaillant au sein de l’une des structures signataires. Ce constat s’observe aussi sur les menaces d’outing2 subies par les LGBT+ (11 % contre 4 %) ou sur les violences physiques ou sexuelles subies sur le lieu de travail (14 % contre 8 %).

« Cela témoigne de la nécessité de créer la confiance dans les entreprises et les administrations pour que chacun et chacune puissent être libre de parler de sa vie privée (ou non) sans préjudices aucun sur ses conditions de travail ou sa carrière, mais aussi pour pouvoir bénéficier de l’ensemble de ses droits, explique Catherine Tripon. Encore trop de salariés LGBT+ préfèrent poser un congé payé plutôt que demander un congé pour enfant malade, beaucoup ne réclament pas leurs jours en cas de Pacs ou de mariage. Nous sommes sur un sujet qui touche à l’intime, mais qui a un impact sur les droits des salariés ou agents. »

 

Un défi syndical

« Les discriminations ont aussi des conséquences sur la qualité de vie au travail et sur le travail, poursuit Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT chargé de la lutte contre les discriminations. S’il faut poursuivre les avancées sur le terrain du droit, c’est sur son respect que la CFDT concentre son action. Nous rappelons aux employeurs leurs obligations légales en matière de lutte contre les discriminations et nous les appelons à amplifier les dispositifs de prévention sur le lieu de travail. La société progresse, le monde du travail ne doit pas être en retard. »

Il est aussi essentiel de veiller à installer un climat de travail exempt de propos, d’attitudes ou de gestes LGBTphobes et à les sanctionner le cas échéant, en veillant à ce qu’aucune disposition ne soit discriminante, de façon directe ou indirecte, envers les travailleurs LGBT+.

« Les entreprises y ont aussi un intérêt économique, insiste ­Catherine Tripon, cela évite les arrêts de travail ou les démissions. Cela les rend par ailleurs attractives pour les jeunes salariés qui sont sensibles à ces problématiques. »

« Les équipes CFDT doivent être motrices pour combattre ces inégalités et faire vivre ces questions dans les accords d’entreprise et dans les fonctions publiques. Le défi pour nous, c’est d’en faire un vrai dossier syndical », conclut Frédéric Sève. 

 

Seuls des changements concrets des cultures, des organisations et des pratiques peuvent faire progresser les questions relatives à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre dans un contexte professionnel (…)” (Premières lignes du préambule de la charte d'engagement de L'Autre Cercle).©REA
 

168 entreprises et administrations signataires de la charte de L’Autre Cercle

La charte d’engagement LGBT+ de L’Autre Cercle a été créée en 2012. Aujourd’hui, 168 entreprises et administrations sont signataires (Accenture, Orange, Veolia, ministères…). Elles représentent 1,6 million de salariés et agents et elles s’engagent à garantir un environnement inclusif pour les collaboratrices et les collaborateurs LGBT+.

Elles veillent à une égalité de traitement entre collègues, quelles que soient leur orientation sexuelle et/ou identité de genre. Elles affirment soutenir les personnes victimes de propos ou d’actes discriminants. Enfin, elles doivent contribuer à partager les bonnes pratiques.

« Seuls des changements concrets des cultures, des organisations et des pratiques peuvent faire progresser les questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans un contexte professionnel », souligne la charte.

syndicalismehebdo.fr