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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Laurent Berger, l’homme de la métamorphose

12 Mai 2022, 07:34am

Publié par CFDT CA Languedoc

Laurent Berger, l’homme de la métamorphose

Edgar Morin, Claude Alphandéry, Sakina M’sa… tous se rangent derrière le secrétaire général de la CFDT qui appelle à un changement radical de la pratique du pouvoir, une nouvelle voie pour que la France se transforme en une démocratie apaisée, écologique et sociale.

 

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a lancé récemment un appel au président de la République nouvellement réélu (le Monde du 27 avril) : il lui faut impérativement écouter les voix de tous ceux qui ont voté pour lui, sans approuver forcément son programme, et pour cela organiser «un grand rendez-vous social pour changer de méthode». Nous soutenons avec force cette idée et nous appelons les responsables associatifs, les mouvements citoyens, les intellectuels à s’engager massivement pour rendre incontournable cette voie tracée.

Que dit Laurent Berger ? Qu’un changement radical de la pratique du pouvoir est indispensable, tant la société est fatiguée et tant le manque de respect et d’écoute l’amène à douter de la démocratie. Il est pourtant vital, écrit-il, de définir un nouvel équilibre entre performance économique, justice sociale et transition écologique : cela ne peut être construit qu’ensemble. Emmanuel Macron saura-t-il l’entendre ? On pourrait le croire car lui-même a déclaré qu’il ne voulait pas «cinq ans de plus» mais

«cinq ans de mieux» et qu’il était en quête d’une méthode pour gouverner autrement. Mais que valent ces promesses ? Que deviendront-elles au pied du mur ? Laurent Berger ne tient pas un propos de salon mais un appel à s’engager réellement, en écho à l’engagement du premier syndicat de France, fort de

600 000 adhérents, et du regroupement de plus de 60 acteurs de la société civile organisée, mobilisant plusieurs millions de citoyens dans le cadre du pacte pour un Pouvoir de vivre.

Les signataires de la présente tribune sont convaincus depuis longtemps que nos sociétés ne pourront pas continuer sur leur trajectoire actuelle qui mène à la catastrophe et qu’il faut s’engager dans une métamorphose. Cela suppose de dépasser une gestion technocratique de l’économie et de la société et de relier la politique à une vraie ambition civilisationnelle. Il faut inventer une voie nouvelle. Un tel projet excède ce que peut entreprendre un homme seul ou un groupe restreint. Plus que jamais, il est impensable de vouloir faire la révolution sans les Français !

Mais comment faire advenir cette métamorphose, de façon que la France devienne une démocratie apaisée, une nation pionnière dans la transition écologique et le berceau d’une nouvelle promesse de progrès social ? Les pistes d’intelligence collective et de fonctionnement participatif foisonnent. Mais on ne ferait qu’amplifier le désarroi à les emprunter toutes, sans en mener une à bien. A quoi servirait un nouveau «grand débat», si l’on n’en tire ni synthèse ni leçons ? A quoi rimerait une nouvelle Convention citoyenne si l’on ne définissait pas plus clairement ses missions et son articulation avec le pouvoir législatif ? Même si certains se plaisent à voir la France comme une start-up nation, on ne transformera pas notre pays comme on fait pivoter une start-up ! L’enjeu collectif est plus complexe qu’un enjeu de management participatif. Il est de combiner la parole citoyenne, la capacité de synthèse, de débat et de négociation des corps intermédiaires et l’ambition repensée d’un État stratège.

Il faut débuter en réunissant une grande conférence des acteurs sociaux, comme le propose Laurent Berger. Sur quoi devrait-elle déboucher ? Les chantiers sont nombreux : revalorisation du travail et des rémunérations, réforme des retraites et de la fiscalité, chantiers écologiques, santé, éducation… Par où commencer ? Un chantier exemplaire devrait être celui de l’avenir et de la planification. Il semble que les esprits se retrouvent autour de l’idée de planification écologique, avec l’ambition d’en faire un levier fort, en la rattachant directement au Premier ministre. Très bien ! Mais il faut aller au-delà et, très vite, s’entendre sur une méthode renouvelée de convergence dans l’action. Le but ne doit pas être que Matignon planifie l’écologie, pendant que Ségur repenserait la santé, Grenelle l’éducation et Bercy les investissements d’avenir ! Il faut que l’ensemble construise une cohérence et que cela soit fait en commun, en stimulant la concertation entre organisations par des enquêtes et des expressions directes de citoyens.

Procéder ainsi est la bonne manière de prendre en main le destin du pays. Dimanche 24 avril, nous avons voté Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite. Aujourd’hui, nous soutenons la proposition de Laurent Berger pour faire face à l’urgence sociale et construire ensemble l’avenir de la France !

Il faut inventer une voie nouvelle. Un tel projet excède ce que peut entreprendre un homme seul ou un groupe restreint. Il est impensable de vouloir faire la révolution sans les Français !

liberation.fr