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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Législatives : la CFDT appelle à voter contre le RN

14 Juin 2022, 08:00am

Publié par CFDT CA Languedoc

« Dire qu'il ne faut pas donner une seule voix à l'extrême droite, c'est bien mais c'est insuffisant », a insisté Laurent Berger, lors de l'ouverture du 50e congrès de la CFDT ce lundi à Lyon. Il a défendu son syndicat qui a su tenir le « cap », « malgré les attaques, malgré les doutes, malgré la fatigue aussi ».

Législatives : la CFDT appelle à voter contre le RN

« Quand on se fait élire aux élections présidentielles grâce aux voix d'électeurs qui font barrage à l'extrême droite, cela oblige ; cela oblige à être très clair au deuxième tour des élections législatives, en appelant à voter pour les candidats opposés à l'extrême-droite quels qu'ils soient. » A l'ouverture du 50e congrès de la CFDT , son numéro un, Laurent Berger, n'a pas mâché ses mots, après les valses hésitations de la majorité présidentielle sur les duels qui opposeront un candidat de la Nupes au RN au second tour des législatives.

La CFDT ne change pas de « ligne » par rapport à l'élection présidentielle : « A chaque fois qu'il y a un candidat d'extrême-droite en position de gagner, [elle] appelle à voter pour la candidate ou le candidat du camp d'en face, quel qu'il soit et sans que cela [la] lie à son programme ». Le leader du premier syndicat français a taclé la posture adoptée par la Nupes et maintenant la majorité présidentielle (qui était aussi celle de la CGT sur la présidentielle mais le syndicaliste n'en a pas fait état).

 

« Un peu de courage ! »

 

« Dire qu'il ne faut pas donner une seule voix à l'extrême droite, c'est bien, mais c'est insuffisant », a insisté Laurent Berger, assénant : « Le courage, c'est de dire clairement pour qui il faut voter pour battre l'extrême-droite ». « Vous, les femmes et les hommes politiques, de gauche, de droite, ou ni de gauche ni de droite, un peu de courage ! », a lancé le syndicaliste, qui a été applaudi.

Ce positionnement très ferme n'a pas fait débat lors des interventions qui ont commencé à se succéder à la tribune à l'issue de la présentation par le numéro un de la CFDT du bilan des quatre ans qui se sont écoulés, « sur ce que nous avons réussi, sur les obstacles que nous avons rencontrés et sur nos échecs aussi ».

De la crise des « gilets jaunes », « face-à-face entre un mouvement qui ne parvient pas à s'organiser et se radicalise et un pouvoir surplombant, dépassé, voire paniqué » « persuadé de pouvoir s'adresser directement au peuple » au début du quinquennat, à la guerre en Ukraine, en passant par la crise de la Covid, où « le gouvernement a fini par comprendre notre utilité..., contraint par la nécessité ».

 

Côté positif et côté négatif

 

« Dans ce contexte très dur, malgré les attaques, malgré les doutes, malgré la fatigue aussi, ensemble, nous avons tenu le cap de la CFDT », grâce à « la méthode des petits pas, avec pragmatisme, plutôt que celle du « tout ou rien » pour, souvent, finir avec « rien »», a déclaré Laurent Berger. Et d'égrainer au rang des progrès l'extension du chômage partiel notamment aux employés à domicile, l'allongement du congé paternité, la complémentaire santé des fonctionnaires ; et parmi les échecs la réforme de l'assurance-chômage et les ordonnances travail.

Ces ordonnances justement ont concentré les critiques dès les premières interventions de délégués sur le rapport d'activité. « Etre délégué syndical, c'est un sport de combat sans qu'on donne les moyens d'être un athlète de haut niveau, les ordonnances nous mettent K.-O. », a expliqué Séverine Boyer de Pôle emploi, dans un sketch hilarant racontant les « 62 codes référencés » pour enregistrer les heures de délégation. «Cela a été dur pour les militantes et les militants », a confirmé Laurent Berger, «cela a été dur pour nous tous ».

 

Fatigue militante

 

Cette réduction des moyens des élus du personnel a contribué à la fatigue militante évoquée par le leader syndical que de nombreux délégués sont venus exprimer. Mais des critiques se sont aussi exprimées contre la pression en interne. « Dieu créa les responsables au développement », a ironisé un militant de la fédération Santé sociaux du Finistère, évoquant la course aux adhérents pour « remporter le challenge » des 10 % de hausse des effectifs. Avant de conclure : « Nous n'y sommes pas parvenus ». « Qui veut rester premier ménage ses militants », a de son côté averti Sophie Le Port, de la fédération Interco.

lesechos.fr