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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Au Crédit Agricole la crise va supprimer des emplois

11 Octobre 2011, 10:34am

Publié par CFDT CA Languedoc

fga

 

Au  Crédit Agricole

la crise va supprimer des emplois 

 

Une question sur les conséquences de la crise était dans tous les esprits lors des deux réunions nationales qui se sont tenues les 28 (Commission Plénière de Concertation avec la Fédération Nationale de Crédit Agricole) et 30 septembre (Commission économique de groupe avec CA SA).

 

Cette question que les organisations syndicales nationales du Crédit Agricole ont posée est la suivante :

« Quels sont les impacts concrets, financiers et sociaux, d’ores et déjà identifiés pour chacune des grandes entités du groupe : Caisses Régionales / LCL / CASA  et ses filiales métiers ? »

 

LES POSITIONS DE LA FNCA SUR LA CRISE

-       Concernant les impératifs de fonds propres et les origines de la crise :

 

Les normes bale III  imposent plus de fonds propres pour effectuer les mêmes activités. On peut estimer à 80 %, les obligations de mise en réserve de résultat. En parallèle les fonds de garantie des dépôts et  de prévention des faillites bancaires nécessitent des cotisations de plus en plus lourdes.

En résumé, les banques doivent augmenter leurs fonds propres…qui sont de plus en plus ponctionnés par la réglementation !

L’analyse de la crise financière par la FNCA est la suivante : les banques subissent les conséquences de la crise, mais n’en sont pas la cause (à l’inverse de celle de 2008, où pour la FGA-CFDT, elles avaient joué les apprentis sorciers). Il s’agit au départ d’une crise de dette souveraine, qui révèle une crise de gouvernance européenne. Si la réforme de la gouvernance et l’accélération de la vitesse de prise de décision sont en marche, les marchés sont cependant encore plus exigeants.

De cette crise politique découle une crise de liquidités, de confiance et de réputation des banques. Avec un système français où les banques octroient deux tiers des crédits avec seulement un tiers de la collecte, le problème du déficit de ressources est récurrent. Enfin seuls la BNP, la Générale et CA SA sont stigmatisés, parce que cotées, alors que la crise est la même pour les autres groupes bancaires non cotés.

 

-       Les conséquences pour le groupe CA :

 

La FNCA,  à la suite de cet état des lieux, fait connaître trois axes d’amélioration :

  • Augmenter nos ressources bilancielles ;
  • Conforter la banque de proximité en France et à l’international (LCL y compris);  
  • Tout en « re calibrant » au niveau du groupe les activités consommatrices de fonds propres et de liquidités pour être moins vulnérable aux marchés.

 

Ainsi en cette fin de matinée du 28 Septembre et à demi- mot les organisations syndicales apprenaient le sens des mesures qui allaient êtres annoncées à la presse quelques heures plus tard par la direction de CA/SA après les annonces les jours précédents de la BNP et de la Société Générale.

 

Un peu moins de 2 jours après, les organisations syndicales dans le cadre de la Commission économique du Comité de groupe interpellaient les directions de CA/SA ainsi que de la FNCA sur l’ampleur des décisions annoncées.

 

LES ANNONCES DE CA SA LE 28 SEPTEMBRE

 

Pour les dirigeants de CA/SA, les annonces réalisées sont un cadrage « macro »,  les orientations ont été soumises  aux directions des entités concernées et  les consultations des Instances Représentatives du Personnel de ces mêmes entités sont en cours.

 

L’objectif fixé est une baisse de l’endettement du Groupe de 50 Mds d’€.

Les efforts demandés portent dans trois directions et sur des marchés rentables :

  • CA-CIB: cette filiale représente 15% du PNB des métiers du groupe. L’effort demandé est de

 -15 à 18 Mds d’€  de consommation de liquidités d’ici à 2012, dont 9 Mds d’ici la fin de l’année 2011, et se cumulera aux réductions déjà réalisées lors du plan de recentrage mis en œuvre en 2008. Ces réductions impacteront principalement les besoins de liquidités en $ US, des activités de financements structurés et d’autres activités à définir.

  • CACF & CALEF (crédit conso et leasing factoring principalement).

La cible de réduction des besoins de financement se situe entre 9 et 11 Mds d’€ sur ces métiers exercés en France et à l’international. Cela passera par des cessions de portefeuilles de crédits et le désengagement de certaines activités à ce jour non encore définies.

  •  Banque Universelle de Proximité (Réseau des Caisses, de LCL, à l’International):

L’effort portera sur l’orientation de  la collecte et la transformation du « hors bilan » vers des produits plus « bilanciels » pour un équivalent de 15 Md €.

Se pose également la question des très gros tickets du marché des collectivités publiques,  marché duquel les acteurs se retirent et où le CA ne pourra pas tout porter.

Mais par ailleurs, le capital alloué à la banque de proximité passera de 70 à 75 % ce qu’il faut atténuer cependant du fait de la réduction de la taille du bilan du groupe..

 

Il ne s’agit donc pas pour la direction du groupe, d’un problème de rentabilité mais d’assurer l’indépendance du CA vis-à-vis des marchés de liquidités, spécifiquement en $ depuis que les investisseurs américains ont retiré leurs positions.

 

LES INTERPELLATIONS DES ORGANISATIONS SYNDICALES

 

Les organisations syndicales ont interpellé la direction  sur :

  • l’impact des mesures annoncées ;
  • le nombre de suppressions de postes s’il y à lieu, sur quels métiers, dans quel pays et dans quel délais ;
  • les engagements de  reclassement groupe avec le concours de la FNCA et de l’ensemble des entités de CA/SA.

 

Les représentants de la Fédération  et de CA/SA ont répondu positivement à cette dernière demande. Par ailleurs un suivi de la mise en œuvre aura lieu, car il est impossible à ce jour d’apporter plus de précisions.

 

Pour finir, un débat  a eu lieu sur les problèmes relatifs à l’augmentation de capital réservée aux salariés, à celui du PEE  que ces mêmes salariés voient fondre comme neige au soleil, mais où les directions n’apportent toujours pas  de réponses.

 

- Pour la CFDT, cette crise est un amplificateur de la baisse prévisible de la rentabilité des banques Européennes à moyen terme.

Elle accentue les réallocations de moyens et la volonté de baisser les charges.

 

- Nous devons veiller à ce qu’elle ne soit pas la porte ouverte à des hémorragies d’emplois

et qu’elle autorise le développement organique prévu par le projet de groupe.