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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Crédit agricole écarte toute acquisition

16 Décembre 2010, 23:55pm

Publié par CFDT CA Languedoc

CA casa 

 

Le Crédit agricole exclut pour le moment toute acquisition pour se développer en Europe, estimant que la priorité du groupe reste d'achever la restructuration de sa filiale grecque Emporiki, a déclaré le directeur général de Crédit agricole SA. 

 

La banque, qui réunit mercredi à Paris quelque 1.400 dirigeants de ses caisses régionales et de ses principales filiales, a aussi indiqué qu'elle ne s'était pas fixée de délai particulier pour reprendre le chemin de la croissance externe. "On va faire de la croissance organique là où nous sommes présents. On exclut des acquisitions pour le moment", a fait savoir Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit agricole SA, le véhicule coté du groupe Crédit agricole, lors d'un dîner avec la presse, en amont du congrès.


"On va rester calme. On va d'abord gérer la Grèce", a-t-il ajouté. Ces propos, qui ont été tenus lundi soir, étaient sous embargo jusqu'à ce mercredi. Prié de dire quand la banque entendait se lancer dans de nouvelles opérations de croissance externe, Jean-Paul Chifflet, qui a remplacé Georges Pauget en mars dernier, a répondu: "Je ne vais pas fixer de calendrier".


Après avoir entamé en 2008 la réorganisation de sa banque de financement et d'investissement (BFI), dont les comptes ont viré dans le rouge avec la crise des subprime, le Crédit agricole s'est attelé depuis l'an dernier à restructurer Emporiki, la banque rachetée en 2006 et plombée par les pertes en raison de la récession qui frappe la Grèce.


Le redressement d'Emporiki, qui doit redevenir bénéficiaire en 2012, est, pour Jean-Paul Chifflet, indispensable pour que le Crédit agricole puisse accélérer son expansion en Europe. 

 

PAS D'INFLEXION A ATTENDRE DANS LA BFI 

"Si on veut réussir en Europe, il faut qu'on réussisse en Grèce (...) Il faut d'abord réussir à restructurer Emporiki et après on verra", a insisté le DG de Crédit agricole SA, indiquant que la filiale grecque avait déjà coûté quatre milliards d'euros à la Banque verte, prix d'acquisition inclus.


La banque ne s'est en revanche pas montrée très éloquente sur ses ambitions dans la péninsule ibérique où elle détient, selon les données de Thomson One, 20% dans l'espagnole Bankinter et près de 11% de la portugaise Banco Espirito Santo, laissant du coup toutes les options ouvertes. "On ne spécule pas sur l'Espagne. On regarde ce qui s'y passe. On n'a pas pris de décision", a encore dit Jean-Paul Chifflet. "Au Portugal, aussi".


Le Crédit agricole, dont l'action abandonne près de 14% en Bourse depuis le début de l'année, a renvoyé à fin février et début mars 2011, dates de la présentation des résultats annuels et du plan stratégique à trois ans de la banque, pour chiffrer l'impact des nouvelles règles prudentielles du comité de Bâle et divulguer ses nouveaux objectifs financiers.


"Je sais que nous sommes très attendus là-dessus", a souligné Jean-Paul Chifflet à propos de Bâle III. "Il faut trouver la bonne solution. On discute avec les régulateurs".


Il a fait savoir que la banque n'envisageait pas d'évolutions stratégiques majeurs dans ses activités de financement et d'investissement. "Dans la BFI, on a eu un recentrage. On continue dans cette voie-là. On a besoin de la BFI pour accompagner nos grands clients", a-t-il poursuivi. "On cherche une croissance équilibrée dans ce domaine". 

 

CESSION POSSIBLE DANS LE PRIVATE EQUITY 

Le directeur général de Crédit agricole SA a aussi indiqué à Reuters que la banque envisageait de céder une partie de son activité de capital investissement (private equity). "On y réfléchit. Ce ne sera qu'une partie. C'est marginal", a dit Jean-Paul Chifflet à Reuters à la fin du dîner.


Interrogé sur l'attitude de la banque dans l'hypothèse d'une offensive lancée par un concurrent, comme BNP Paribas, sur la Société Générale, il a fait savoir que le Crédit agricole ne resterait pas "inactif" ni "indifférent".


Souvent décrite comme le "chevalier blanc" de la SocGen, la Banque verte a déjà fusionné ses activités de courtage et de gestion d'actifs avec celles de la Société Générale pour créer respectivement Newedge et Amundi.

 

Reuters
15/12/2010