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CFDT Crédit Agricole Languedoc

Crédit Agricole SA plonge dans le rouge pour la première fois depuis sa cotation

24 Février 2012, 02:10am

Publié par CFDT CA Languedoc

CA sa

 

La structure cotée du groupe Crédit Agricole, créée en 2001, a plongé pour la première fois dans le rouge l'an dernier avec une perte de 1,4 milliard d'euros.

La Grèce pèse à elle seule 2,4 milliards.


Même si Crédit Agricole SA qui publie ce jeudi ses résultats 2011 avait prévenu dès la mi-décembre que ses résultats seraient dans le rouge, la nouvelle a quand même surpris les marchés. La crise grecque et le plan d'adaptation des activités ont lourdement pesé. L'entité qui consolide 25 % des Caisses Régionales ainsi que les métiers de banque de financement et d'investissement, la gestion d'actif ou l'assurance, enregistre une perte annuelle de 1,47 milliard d'euros. La première perte depuis sa cotation en 2001. Sur les neuf premiers mois de 2011, les résultats étaient encore positifs de 1,6 milliard d'euros.

Vers 14h, le titre Crédit Agricole SA reculait de 4,27 % à 4,79 euros.

A l'instar de ses concurrents Société Générale et BNP Paribas, la banque avait annoncé mi-décembre un plan d'adaptation pour rassurer les marchés sur sa solidité financière. Elle s'est engagée à réduire sa dette de 50 milliards d'euros et à supprimer 2.350 postes avant la fin 2012.

Le groupe dans son ensemble (qui comprend 100 % des Caisses Régionales) préserve cependant un résultat positif de 812 millions d'euros en 2011. En décembre, Jean-Paul Chifflet, le directeur général, avait parlé d'un résultat proche de 1 milliard. Sur le seul quatrième trimestre il est négatif de 2,5 milliards d'euros.

Propriétaire depuis 2006 de la banque grecque Emporiki, le groupe français doit assumer un impact de près de 2,4 milliards d'euros sur ses résultats liés à la Grèce. Comme ses concurrents, il a relevé la décote appliquée à la dette souveraine de 60 % en octobre à 74 %. Sa filiale a en outre été durement impactée par la dégradation de la conjoncture du pays, plombant le pôle de banque de proximité à l'international. Celui-ci est en perte de 1,5 milliard d'euros.

La banque tente depuis plusieurs mois de redresser sa filiale. Cette dernière aurait ainsi supprimé 610 postes en 2011 dont 454 sur le seul quatrième trimestre.


Des dépréciations de 2,5 milliards d'euros

En raison de la dégradation des marchés, Crédit Agricole SA a aussi confirmé sa décision annoncée en décembre de passer des dépréciations sur ses participations bancaires (BES et Bankinter) ou des dépréciations techniques sur l'Italie et l'Ukraine. Elles coûtent au total 2,5 milliards d'euros.

La banque de financement et d'investissement (BFI), affectée par le plan d'adaptation, est en perte de 1,24 milliard au quatrième trimestre et de 147 millions sur l'année. Le plan d'adaptation qui comprend 1.750 suppressions d'emplois dans la BFI pèse pour 1,4 milliard d'euros. Et ce sont les activités de marchés et d'investissement qui sont les plus touchées avec une perte sur le quatrième trimestre de 1,1 milliard d'euros.

La banque de détail en France montre par contre sa résistance. Les Caisses Régionales ont apporté 1 milliard de bénéfices à CA sa, « un niveau record » (+5.4 %). Le coût du risque a diminué de plus d'un quart entre 2010 et 2011. Quant à LCL, il affiche sur l'année 675 millions d'euros de résultat net, stable par rapport à 2010.

RÉJANE REIBAUD

© www.lesechos.fr