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CFDT Crédit Agricole Languedoc

L'organisation de la succession du patron de Crédit Agricole SA s'accélère

17 Décembre 2014, 00:02am

Publié par CFDT CA Languedoc

Jean-Paul Chifflet

Un comité des nominations et de la gouvernance se réunit le 17 décembre.
Le processus de sélection des candidats a débuté.

Le processus de succession de Jean-Paul Chifflet, le patron de Crédit Agricole SA (Casa), dont le mandat arrive à échéance en mai prochain, s'accélère. Selon nos informations, le comité des nominations de Casa va se réunir mercredi, le 17 décembre, au lendemain d'un conseil d'administration où la succession sera évoquée pour la première fois.

La Fédération Nationale du Crédit Agricole (FNCA), l'organe politique qui représente les Caisses Régionales, aurait en outre d'ores et déjà transmis à Casa un « process de sélection » des candidats, basé sur une série de critères. Une procédure inédite, qui doit permettre au conseil d'administration de nommer le prochain Directeur Général de Crédit Agricole SA, la structure cotée du groupe.


En janvier ou en février au plus tard, le Président de Casa, Jean-Marie Sander, présentera les candidatures au conseil, qui tranchera après avis du comité des nominations. Cette accélération du calendrier de succession intervient au lendemain de l'éviction-surprise de Jean-Marie Sander de l'équipe de tête de la « Fédé ». Une première dans l'histoire du groupe, qui s'est produite le 4 décembre. « Le président de Casa est censé représenter l'actionnaire, donc les Caisses Régionales, au conseil d'administration de Casa. Or l'actionnaire lui a contesté ce pouvoir de représentation en ne l'élisant pas. C'est un avertissement sérieux, qui témoigne de l'existence de fortes tensions au sommet », explique un bon connaisseur du groupe.

 

Couper court aux rivalités

Au coeur du conflit réside le projet de réformer la gouvernance du Crédit Agricole, qui fait consensus sur le fond mais pas sur la forme au sein du groupe. L'idée, portée par la Direction de la Fédé - le secrétaire général Philippe Brassac et le président Dominique Lefebvre - est de faire remonter l'organe central, c'est-à-dire les fonctions régaliennes aujourd'hui logées au sein de la structure cotée Crédit Agricole SA, dans une structure détenue par les Caisses Régionales. Ce projet a pris du retard, notamment parce que les modalités de cette réorganisation n'ont pas remporté l'adhésion du côté de Casa. Jean-Marie Sander aurait notamment fait les frais de cette résistance.

Dans un tel contexte, tout le monde convient qu'il est urgent de couper court aux rivalités, en désignant dès que possible le nouvel homme fort à la tête de Crédit Agricole SA. Le groupe n'entend toutefois pas griller les étapes, et les différents candidats vont mener campagne. A ce stade, aucun ne s'est encore déclaré officiellement, mais plusieurs noms circulent depuis plusieurs semaines en interne. En particulier, ceux des trois Directeurs Généraux Délégués de Casa - Jean-Yves Hocher, Michel Mathieu et Xavier Musca - et celui du secrétaire général de la « Fédé », Philippe Brassac. Ce dernier fait toutefois aujourd'hui figure de grand favori.

 

Pas de coup de théâtre

D'abord, parce que, selon des sources concordantes, les critères retenus par la « Fédé » pour les candidatures favorisent les personnalités issues du Crédit Agricole, qui connaissent le groupe de longue date et qui peuvent faire valoir une expérience à la tête d'une Caisse Régionale. Ce qui disqualifierait Xavier Musca, entré dans le groupe mutualiste en 2012. Ensuite, parce que ses fonctions de secrétaire général de la Fédération en font un candidat naturel. « La réalité du pouvoir au Crédit Agricole se trouve au bureau de la Fédération. Comme la majorité des Caisses est aujourd'hui en faveur de la Direction actuelle de la « Fédé », il n'y aura pas de coup de théâtre », détaille un observateur.

Si Philippe Brassac décide de se lancer, aucun obstacle ne devrait donc se dresser devant lui. « Compte tenu de sa personnalité, il est fort possible qu'il se fasse un devoir de devenir patron de Casa pour réaliser de l'intérieur la réforme de la gouvernance du groupe qu'il n'a pas pu mener à bien à ses fonctions actuelles à la Fédération, analyse un banquier qui le connaît bien. Philippe Brassac considérera alors que c'est de son devoir. »

lesechos100