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CFDT Crédit Agricole Languedoc

ZOOM SUR LA RESPONSABILITE DES BANQUES DANS LA CRISE et POSITIONS de la CFDT

29 Septembre 2011, 21:24pm

Publié par CFDT CA Languedoc

fga

INFO SUR LA CRISE

 

ZOOM SUR LA RESPONSABILITE DES  BANQUES  DANS LA CRISE

et POSITIONS de la CFDT

 

 

On entend tout et n'importe quoi, les banques portant plus que jamais le fardeau de la responsabilité de la crise. Que faut-il en penser ?

 

 

  • Plus encore qu’à une crise des dettes publiques, c’est à une crise politique que l’Europe fait face aujourd’hui.

Au plus fort de la crise de 2008-2009, les États ont injecté massivement des liquidités dans l’économie afin de tenter de sauver ce qui pouvait l’être. Ce faisant, ils ont laissé dériver leurs comptes publics. La dette publique représente 85% du PIB en France, près de 120 % du PIB en Italie (qui vient de voir sa note dégradée) ou en Irlande… et 160 % en Grèce. Ces taux d'endettement ne sont pas supportables pour les générations futures. Comme un particulier, il est normal qu’un Etat s’endette pour investir dans l’avenir. En revanche, si la dette est trop élevée, une partie trop importante des ressources est consacrée à son remboursement. On accroît la difficulté au lieu de la résoudre.

Cumulée à une croissance en berne, l’emploi stagne, le chômage augmente, les entreprises renoncent à investir. Résultat : les dépenses augmentent, les recettes diminuent, aggravant à leur tour les déficits publics et creusant davantage encore la dette. Ce cercle vicieux conduit les marchés financiers à douter de la capacité de remboursement des États.

  •  Pourquoi les banques sont-elles concernées ?

 

On observe un transfert du risque souverain aux banques privées qui détiennent de la dette publique. Les marchés financiers anticipent un défaut de paiement de la Grèce, qui dévaloriserait le ratio fonds propres-crédits des banques les plus exposées parce qu’elles détiennent le plus de titres de dette publique.

Avec, à la clé, le retour du risque systémique, comme au lendemain de la faillite de Lehman Brothers. Les bilans des banques sont jugés non stables, les banques ne se font plus confiance entre elles, le crédit interbancaire s’arrête. Parallèlement, les investisseurs craignant la répétition du scénario de 2008, ils entraînent le marché dans une spirale baissière qui dévalorise de fait les actifs bancaires.

Dans une telle situation, seules les banques centrales peuvent agir. Elles sont les prêteurs en dernier ressort, la dernière bouée de sauvetage des banques à cours de liquidités quand elles n’échangent plus entre elles.

 

  • Qui est vraiment responsable ?

 

La situation d'aujourd'hui est pour le moins originale, singulière, pour utiliser un vocabulaire léger. Les banques françaises sont mises à mal par la Bourse, par les investisseurs, mais sont-elles vraiment responsables de leur malheur actuel ? La question peut être posée. Peut-on en effet vraiment reprocher aux banques françaises d'avoir souscrit des dettes d'Etats membres de l'Euro, à l'époque totalement « propres » et loin de tout cataclysme économique annoncé ? Faut-il vraiment reprocher aux banques de soutenir ainsi les investissements de leur pays ou des autres pays européens ? La question renvoie à la perception de chacun sur la place que doivent tenir les banques dans une économie...

Les patrons des grandes banques françaises prennent, en ce moment, une grande leçon d'humilité : ils ne maîtrisent rien de la dégringolade des cours de Bourse, des réactions des investisseurs et encore moins des phénomènes de défiance du citoyen de base qu'ils croient pourtant si bien connaître à grand renfort d'analyses comportementales, de segmentations de clientèle et autres falbalas de marketing. Nos patrons découvrent la vraie vie !!! Mais à un tel prix pour leurs salariés (cf. l'état de nos PEE…par exemple), que la FGA-CFDT n'arrive pas à s'en réjouir...


  • Quelles sont les positions CFDT sur la crise ?

 

Réduire l’endettement public tout en soutenant l’activité économique et l’emploi sont deux objectifs compatibles, selon la CFDT,si certaines conditions sont respectées. Les efforts pour réduire les déficits doivent être équitablement répartis. Au lieu de creuser les inégalités sociales, ils doivent contribuer à les diminuer, grâce notamment à des réformes fiscales axées sur l’efficacité et la justice. Entre les pays membres de l’Union européenne, la solidarité ainsi que l’harmonisation des politiques budgétaires, industrielles, économiques, sociales et fiscales s’imposent.

La CFDT juge que les décisions pour mettre fin à la crise des dettes publiques seront difficiles et coûteuses. Le sauvetagede la Grèce coûtera, mais toujours moins qu’un éclatement de la zone euro. Pour l’heure, les options prises ont toutes été tardives, partielles et a minima....

 

La principale piste pour éviter le scénario noir consiste à mutualiser une partie des dettes avec les fameux eurobonds (obligations communes des États de la zone euro). Cela aurait l’avantage de mettre un coup d’arrêt à la spéculation sur le risque de défaut de ces dettes et de rendre moins coûteux le coût du crédit pour les États les plus endettés qui bénéficieraient alors de la crédibilité des pays les plus vertueux. Cette solution n’est pas sans contreparties. Cela suppose que, parallèlement à la mutualisation d’une partie de leur dette, les États s’astreignent à une stricte discipline commune sur le plan budgétaire pour contenir puis résorber leur endettement. Or le laxisme pratiqué depuis des années à l’égard des critères de Maastricht a montré que la seule bonne volonté ne suffisait pas. Mutualiser les dettes exige donc d’engager une convergence budgétaire et économique qui requiert comme préalable un nouveau transfert de souveraineté. Dans un climat d’euroscepticisme latent, défendre une telle solution exige un courage politique que la proximité d’échéances électorales en France en 2012 et en Allemagne en 2013 ne favorise pas. Mais face à la crise, il n’y a pas le choix. Soit l’Europe explose, soit chaque Etat accepte de transférer des responsabilités nationales pour avancer vers une plus grande intégration européenne.

 

  • Qu'a fait la FGA-CFDT ces dernières semaines ?

 

- Diffusion d'une première info nationale (toutes banques confondues) sur la crise économique et financière (le 9 septembre), car les enjeux vont bien au delà du seul Crédit Agricole: constats sur les dérives de la finance, forte inquiétude des salariés  et des propositions CFDT pour des solutions structurelles.

 

- lors de la séance de négociation nationale du 15 septembre, une fois n'est pas coutume, l'actualité a fait l'objet d'un premier point avant d'entamer l'ordre du jour (demande en ce sens de toutes les organisations syndicales). La FGA-CFDT a souligné l'effort de communication sur la crise fait envers les managers dans les caisses régionales, mais a rappelé la nécessité de donner du temps à ces derniers pour informer à leur tour leurs équipes. Nous souhaitions ainsi rappeler que ceux qui ont à affronter quotidiennement les remarques, questions pas toujours très courtoises de la clientèle sont bien les autres collaborateurs, ceux à qui on « oublie » d'expliquer les tenants et aboutissants de la situation actuelle. A nos yeux, ça mérite largement autant d'intérêt que les commentaires hebdomadaires sur les résultats commerciaux des uns et des autres... Les patrons de la FNCA  ont alors dit  avoir entendus les organisations syndicales qui, chacune à sa façon, ont remonté les questions que se posent légitiment les salariés. Sur la communication ils demandent de la vigilance et ils disent être conscients que les uns et les autres sont sollicités par les clients et les médias. Mais dans un contexte ou la moindre info devient rumeur et a des conséquences non maitrisables, ils veulent rester sur une posture générale faisant appel à la responsabilité collective et individuelle sur les communications qui peuvent être déviées et prendre des proportions à l’inverse de ce qui est souhaité.

- Pour la Commission Plénière de Concertation du 28 septembre la FGA-CFDT a, avec les autres organisations syndicales, fait des demandes aux dirigeants représentant les CR et GIE sur la situation du groupe et a également fait part des diverses inquiétudes des collaborateurs.

- Enfin, la FGA-CFDT a, par l'intermédiaire du secrétaire du comité de groupe, proposé de remplacer la commission économique du 30 septembre (qui se tient avec des représentants de la direction de CASA) initialement prévue sur la RSE, en une réunion sur l'actualité économique et la crise.

  • la FGA-CFDT n'est pas restée inactive, mais dans un premier temps, n'a pas cherché, vu la gravité de la situation, à faire sur le mode « spectaculaire » en matière de communication sur la crise. A venir d'autres informations à l'issue des deus réunions citées ci-dessus.